LA PLANCHE A VOILE

« Le vent : il y a ceux qui s’en plaignent, ceux qui espèrent qu’il va tourner et ceux qui règlent la voile », proverbe malouin.

Plusieurs Amis Vertigineux ou fragiles du dos veulent rester actifs.

Quel sport pratiquer ? Répondre « la natation » est classique, mais il ne faut la proposer qu’à ceux qui aiment l’eau et peuvent s’y rendre facilement. Savoir nager n’est pas indispensable, jouer dans l’eau vous fera déjà du bien. Variez vos mouvements, il existe au moins 4 nages, ne forcez pas trop sur la brasse, et si vous multipliez les longueurs de bassin, faites-le à 60 % de vos moyens. Ne sprintez que pour sortir de l’eau et monter sur un bateau.

Les mouvements du pont, instables, y sont bénéfiques, déplacez-vous pieds nus. Même assis, votre colonne vertébrale réagit aux mouvements du bateau. Suite aux informations de l’oreille interne et des yeux, les muscles du cou s’activent.

A l’avant du catamaran de Corentin DOUGUET, le filet trampoline vous y attend, marchez, sautez. Y mettre à l’eau une planche à voile est un jeu d’enfant. En faire est ce qui se fait de mieux, le nec + ultra, le top proprioceptif. Il m’arrive même de fermer les yeux pour améliorer les sensations car un peu de stress alerte les récepteurs sensoriels. Quatre minutes les yeux fermés sur une planche à voile cela paraît long, très long !

La rééducation de l’équilibre est très à la mode. Elle aurait dû l’être depuis longtemps. Aujourd’hui, les centres fitness utilisent une gamme d’appareils performants et quelquefois sophistiqués, comme les plateaux vibrants.

« Une planche de proprioception électronique avec feed back intégré »

Un appareil « expert en proprioception » vous propose une « reprogrammation dynamique »

Depuis 1999, un autre appareil « améliore l’équilibre, la posture, la puissance et tous les muscles y compris le cœur ».

Pour vérifier tout cela, il faudrait une « plateforme motorisée et computérisée, pour permettre une analyse mathématique par décomposition en ondelettes des signaux stabilométriques » afin de détecter « l’existence éventuelle de conflits sensoriels ». La machine existe et coûte 15000 euros.

Le plus cher « préparateur particulier au service de la lutte anti-âge et de la condition physique » permet pour 25 000 euros de « lire le corps en mouvement et développer les potentialités perdues » Son concurrent, Puissance Plate coûte 12000 euros.

Les moins chers sont quelques fois proposés dans la rue. A Kemer en Turquie, l'appareil est place Attah Turk, face à la mer, vous pouvez l’utiliser après y avoir insérer une pièce de 20 cts.

Ces appareils merveilleux, utiles, efficaces, nouveaux outils de la rééducation oublient cependant un paramètre, le déplacement linéaire simultané. Hippomobile, le char de César leur était déjà supérieur.

La planche à voile est magique, elle offre tout cela, 10 fois moins chère et 10 fois plus sûr...

Vous êtes debout, l’orthopracticien l’exige. Sur une planche qui bouge, les posturologues seront ravis. Pieds nus, les podologues vous le recommandent. Le kinésithérapeute vous a conseillé de relever la tête, votre regard est sur l’horizon. Les images défilent, les otolithes baignent dans la lymphe.

Les yeux, l’oreille interne, les muscles du cou ajustent en permanence leurs paramètres pour préserver l’horizontalité du regard.

« Une raideur cervicale réduit au silence les propriocepteurs du cou », L. COQUIZART. L’équilibre est un jeu subtil. Ne verrouillez pas vos articulations.

Décontractez-vous, relâchez vos muscles du cou, variez la position de la tête, l’horizon est partout, même à travers la voile monofilm.

A chaque empannage, la manœuvre de DYCKS et HALLPIKE s’effectue presque naturellement (si j’exagère un peu).

Une vaguelette passe sous le flotteur, votre cervelet s’en imprègne. Les réflexes courts, myotatiques agissent sur les unités motrices du tonus, et ajustent constamment leur tension pour l’adapter aux oscillations continuelles de la planche.

Les muscles érecteurs de la colonne vertébrale s’activent en permanence suivant les chaînes musculaires chères à Mézière, Moneyron, Sohier, Kabath, Nysans avec en plus une composante cognitive réflexe qui change tout : le clapot.

Le clapot redresse la colonne vertébrale « les mouvements du bateau font le dos du vieux pécheur moins tordu que celui du vieil agriculteur et pourtant la mer est plus basse que la terre ». Petit Rouleau (Lancieux 1972) .

La dure-mère qui s’insère à la face postérieure de l’atlas et autour du trou occipital en haut, face antérieure de S2 en bas, la planche à voile vous l’étire dans tous les plans de l’espace.

Les aponévroses, véritables enveloppes musculaires, glissent harmonieusement les unes sur les autres. Les fasciathérapeutes savent les mobiliser. Les muscles dynamiques sont contraints de fonctionner comme des muscles toniques. Les fibres rouges qu’ils contiennent en petite quantité se réveillent. Le corps se déplace peu et comme pour le golfeur, la force est inutile.

Un coup de vent s’engouffre dans la voile. Les biceps résistent à leur propre allongement. Le travail musculaire est excentrique, percuté. Après l’empannage, vous bordez la voile pour trouver la nouvelle position d’équilibre, le travail musculaire est concentrique, puis isométrique. Cette alternance de cycles est la meilleure des musculations et la plus moderne. C'est aussi du gainage.

Vous préférez les étirements, ils sont possibles, agréables et faciles à réaliser avec le harnais.

Le stretching de l’avant-bras le plus proche du mât s’effectue dans un réel confort si la surface de la voile reste modeste.

Les chaussons ou les patins isolent le danseur et le patineur du sol. Le gymnaste aux pieds nus se déplace sur un sol trop stable et souvent dur. En planche à voile, le déplacement linéaire est simultané aux mouvements verticaux aléatoires. Le flotteur avance et vous transmet les mouvements de la mer. Pas besoin de vibrations artificielles.

Coordonner le mouvement de la vague qui arrive avec la profondeur de champ c’est mélanger vision centrale et vision périphérique. C’est exercer l’œil par voie réflexe. En cas d’échec, c’est la baignade.

Assis sur la planche, jambes allongées devant moi, une main sur le pied de mât, l’autre à la partie inférieure de la voile, Force 2 et vent arrière, la voile tient en place. La proprioceptivité s’exerce sur le bassin et les muscles de la colonne le long du ligament commun vertébral postérieur. Trois semaines après le TSUNAMI je l’ai vérifié entre MAAGA Island et ELAIDHOO au cœur de l’océan indien à 3 degrés de l’équateur et « 1000 miles from everywhere ». Le soleil se couchait sur les Maldives et les dauphins sautaient. Trois quarts d’heure de bonheur. A Maubuisson (33) il pourra vous arriver de naviguer avec les cygnes sauvages sur le plus grand lac de France.

A Dinard (35), les enseignants ont de la chance. Ils peuvent confier les enfants au wishbone club dès le CM2. Le gréement est évolutif. La petite voile fait 1,10 m2, soit 30 mouchoirs et son poids d’1,5 kg est cinq fois inférieur au cartable de l’enfant.

Celui-ci comprend rapidement les astuces pour se faire aider du vent lorsqu’il faut relever la voile, sans solliciter les muscles dynamiques qu’il ne faut surtout pas développer à cet âge-là.

A 5 ans, Léo réussissait ces épreuves et tiraient ses premiers bords avec les moussaillons.

Le 27 novembre de cette année, nous étions 20 sur l’eau avec Léo devenu « le roi des costauds » Age moyen : 14 ans – A la fin du cours, les enfants chahutent, plaisantent et se bousculent une dernière fois dans l’eau

Ciel bleu: Température extérieure

Température de l’eau 13° Dinard, Nov 2005, Happy hours....

« Il y a les vivants, les morts et ceux qui vont sur la mer », PLATON

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PAPY... ! RACONTE-MOI LA PROPRIOCEPTION L’EQUILIBRE ET L’ENDURANCE

LE PARC PROPRIOCEPTIF

Le principe de Swing Chariot

Dès qu’il bouge l’enfant installé dans Swing Chariot crée des déplacements horizontaux et verticaux simultanés totalement aléatoires et le déséquilibre est harmonieux.

Toute variation du centre de gravité exige une réponse proportionnelle en vitesse et en intensité au déséquilibre initial.

Si aucune correction n’est faite, l’enfant se trouve en situation tout à fait agréable de balancelle à condition de rester allongé.

Mais toute tentative de reptation, « quatre pattes » ou de redressement à genoux puis debout nécessite une adaptation réflexe immédiate pour centrer G. Elle sera aidée par un appui manuel au filet.

Diminuer puis supprimer cet appui est ce vers quoi il faut tendre, l’objectif à atteindre, le top proprioceptif ?

En s’amusant, l’enfant met en place son schéma corporel.