"I AM ADAM"

Qui sommes-nous ?
Tous les pré-humains sont d’origine tropicale et nous sommes tous nés d’une goutte d’eau et d’un rayon de soleil.
Depuis les travaux d’Allan WILSON à Berkeley, l’ADN des mitochondries est transmis par les femmes. « l’Eve africaine serait notre mère à tous » disait-il.
Eve ou Marie ? Adam ou Joseph ? Destin évolutif ou dessein intelligent des créationnistes ?
Modelé avec de la terre et le souffle de Dieu, Adam a-t-il un nombril ou bien la vie qui aime jouer aux dés est-elle un caprice de la nature, résultat de modifications accidentelles ?
« L’homme descendrait du singe ». « Pourvu que cela ne s’ébruite pas, et que nos gens n’en sachent rien » renchérissaient les adversaires de DARWIN. Plus subtile était la réponse d’Alexandre DUMAS, le quarteron à son interlocuteur indélicat qui lui reprochait ses origines métisses : « ma famille, Monsieur, commence là où la votre se termine ».
Plus directe était la grand-mère bretonne d’Yves COPPENS « tu descends peut-être du singe mais pas moi », conférence Dinard, 2008.
Jusqu’en 1970 une vision linéaire de l’évolution prévalait, aujourd’hui on parle d’évolution mosaïque, buissonnante dont une seule branche Homo sapiens survit actuellement. Elle n’a au mieux que 160 000 ans. Ce foisonnement n’est pas destiné à aboutir à un homme parfait car l’évolution n’a pas de but et si Dieu a créé l’homme, il a fait des tas de brouillons. Les environnements différents créent les modifications. La racine Ergaster a donné le tronc Erectus sur lequel 20 branches se sont développées, 19 espèces disparurent, seule la branche Homo Sapiens survit actuellement. « La vie est une succession d’erreurs. L’homme ne descend pas du singe mais nous descendons du même arbre » (P.PICQ, La nouvelle histoire de l’homme, 2005).

Tous issus de l’East Side Story sauf Toumaï, les premiers bipèdes s’appellent :

TOUMAI TCHAD Sahelanthropus tchadensis Michel Brunet
2002 7 Millions
d’années
ORRORIN KENYA Australopithécus
tugenensis Seanut et
Pickford, 2002 6 Millions
d’années
RAMIDUS ETHIOPIE Ardipithécus Z. Alemseged
2005 5 Millions
d'années
LUCY ETHIOPIE Australopithécus
afarensis Tim White
1974 3,5 Millions
d’années
ANEMENSIS KENYA Australopithécus
anemensis Meave Leakey
1980 4 Millions d’années
CASSE NOISETTE TANZANIE Homohabilis Louis Leakey
1960 2 Millions
d’années
PITHECANTHROPE JAVA Pithécanthrope Eugène Dubois 1990 (NL) 1 Millions
d’années
ADZABE
Adam scientifique TANZANIE Homosapiens Spencer Wells 60 000 ans


Anemansis : cet australopithèque, arpenteur de savane, est le premier bipède exclusif connu.
Pithecanthrope est le premier Homo bipède.







Nous sommes devenus intelligents parce que nous marchons debout.
Il a un million d’année, le pithécanthrope de Java est le 1er homo erectus qui se tenait toujours debout. Plus récent, l’homo sapiens est africain, il lui faudra 50 000 ans pour contourner la mer, atteindre l’Asie puis l’Europe, la plupart des continents étant déjà peuplés d’Homo erectus. Accompagné du lion, de l’antilope et de l'éléphant qui deviendra mammouth, tout un petit monde de la savane est du voyage vers le nord. Sur les bords de l’Indus le lion va rencontrer le tigre, mais « Seul l’Homme va pouvoir passer du milieu savanicole au forestier. Au dessus de tous les clivages écologiques, l’Homme s’adapte à tous les biotopes » Léopold Sanchez – Figaro Magazine 16/12/06
Homo sapiens pourra rencontrer sur sa route ceux qui l’ont déjà précédé.
En Afrique les derniers Australopithèques, à Java le Pithécanthrope et à Florès, le dernier Hobitt disparu il y a seulement 17 000 ans.
En Europe, il rencontrera Néanderthal qui est la depuis très longtemps et qui déjà, travaillait de ses mains, taillait la pierre, s’habillait et enterrait ses morts.

Le cou et les pieds :
Florès, Neanderthal, Pithécanthrope …. ont disparu Sapiens est aujourd’hui l’unique branche verte du buisson. Elle est issue de la racine ERECTUS et il a survécu grâce à son exceptionnelle endurance, à ses pieds, à son cou avec un larynx plus bas. « From the forests and highlands, we come, we come » ; KAREN BLIXEN
« Chasseur, cueilleur l’homme n’a pas pu apparaître dans la forêt. Devenu capable de marcher et courir longtemps, il est typiquement un mammifère de savane », Yves COPPENS. Avec le changement de climat les graminées remplacent certaines forêts. L’homme se redresse. Les grandes plaines herbeuses où paissent de nombreux animaux obligent Sapiens à redresser la tête. Les cordes vocales s’allongent. Il devra courir pour se nourrir et parler pour transmettre un savoir.
La bipédie que nous avons adoptée se répercute sur les muscles, le squelette, le cerveau, les pieds et le larynx.
Grâce à des millions de glandes sudoripares, l'homme partage avec le cheval et le kangourou, la faculté de transpirer. L'endurance devient possible. Elle va tout changer.

Les muscles :
Dans la grande forge de l’Afrique, les muscles posturaux prennent de l’importance. Pour être plus bipède qu’arboricole, Sapiens devra développer le grand fessier. La stéatopygie du peuple San est remarquable. La ligne âpre du fémur s’allonge.

Le bassin :
Lucy était pré-humaine, petite et encore arboricole à ses heures. « Pour améliorer sa bipédie le bassin de la femme devient plus étroit et elle sera amenée à accoucher de petits cerveaux avec un stock de neurones précis à la naissance qui créera son réseau de connexions plus tard » (Hélène Coqueugniot, Bordeaux).

Le cerveau :
Scruter l’horizon au dessus des herbes va creuser le plancher du cerveau, le larynx sera plus bas. Le trou occipital du crâne avance et s’oriente vers le bas. Aucune réorganisation qualitative brutale ne fait passer du cerveau animal au cerveau humain, il y a augmentation du nombre de neurones et c’est tout ! Les cellules nerveuses sont les mêmes chez le rat le singe et l’homme. Aucun type de neurones n’est propre au néo-cortex humain et leur nombre par unité de surface est identique à celui du singe.
L’évolution du cortex est seulement proportionnelle au nombre de neurones. L’apparition du front et des circonvolutions va permettre leur augmentation. Plicatures, sillons, et scissures augmentent par trois la surface du cerveau. L’empaquetage est parfait. S'il n'est pas le plus volumineux, le cerveau sapiens-sapiens est une cylindrée exceptionnelle : 1350 cm3. Sa croissance sera lente et le front vertical va permettre à l’aire frontale de se développer.
Chez les singes, homo-érectus et Néenderthal, la croissance du cerveau était rapide, les cordes vocales étaient courtes et le front fuyait. Fabriquer notre cerveau prend du temps. Son lent développement permet de prolonger le babil maternel et l'enfance. Ce retard et ce babil sont peut être à l'origine du langage ? Petit cerveau à la naissance, croissance lente, cylindrée exceptionnelle à 8 ans : la nature vient d’accoucher d’un bipède nouveau : Homo Sapiens.

Le pied :
Le singe a les pieds plats. « Le notre est un chef-d’œuvre » (Léonard De Vinci).
La voûte plantaire et les gros orteils courts et parallèles ont deux millions d’années. Le singe en est dépourvu.
En évoluant pour porter le corps, les pieds ne sont plus en mesure d'attraper les objets.
L’homme se serait mis à courir exactement à la même période. Le talon de l’homme moderne va le pousser au fin fond de la planète. Le tendon d’Achille n’a aucun rôle dans la marche, il apparaît avec la course et le ligament nucal. Avec une voûte plantaire, des glandes sudoripares, des jambes longues, des orteils courts et parallèles ; nous sommes nés pour courir. Il y a quatorze mille ans, Hobbit disparaît sous un mètre de cendres. Il était trop localisé. Un habitat dispersé préserve l’espèce.
Avec seulement 10 000 homo-sapiens de l'Atlantique à l'Oural nos chances de survie étaient proches de zéro. Le nomadisme de sapiens va nous permettre d’échapper de justesse aux catastrophes naturelles.

« L’endurance est rare chez les mammifères (cheval, kangourous) et absolument unique chez les primates » (Dr Denis Bramble, UTAH University).
Le rire et l’endurance nous différencient du singe. Etre endurant a permis d’être charognard avec un régime plus riche en protéines et en graisses. Etre endurant a aussi permit de faire la course avec les hyènes et de se disperser…
La marche seule ne peut pas expliquer l’apparition de toutes ces adaptations. Lucy avait le genou lâche et non verrouillé pendant la marche. Sapiens est le premier homo capable de courrir longtemps.
Sur l’homoncule de PENFELD les deux principales différences entre l’homme et le singe se trouvent au niveau des pieds et du pharynx.

Le larynx :
Il est plus bas chez Sapiens que chez Néenderthal.
Les cordes vocales plus longues permettront plus de sons. Un langage complexe pouvant mieux transmettre le savoir.
• Dans leur maison, K et K Hayes, psychologues, élèvent leur fille et un bébé singe. Jusqu’à deux ans, le singe surpasse la fille dans les activités motrices et les tests d’intelligence. Après deux ans, l’acquisition du langage inverse les progrès de façon spectaculaire.
• Au XVIIIe siècle, pour tenter de découvrir la langue primitive de l’homme ou le langage original de l’humanité, Frédéric II de Prusse fit élever des bébés par des nourrices qui jamais ne leur parlaient. Tous moururent.
Le langage a permis une évolution plus rapide que la génétique.

Les gènes :
La plupart des gènes du chimpanzé se retrouvent chez l’homme, à peu près aux mêmes places chromosomiques. « Une faute de frappe sur une seule lettre de notre ADN a changé toute l’histoire » (Spencer WELLS). Il y a eu de petites mutations génétiques et des remaniements chromosomiques légers mais aucun bouleversement. L’Homme est un organisme génétiquement modifié. Un gène mute rarement et encore plus rarement de façon réversible. « La stabilité du matériel héréditaire assure l’invariance des caractères en particulier, de son système nerveux » (JP CHANGEUX). Dans une histoire qui nous dépasse, "le mécanisme de base était déjà en place", (Neil SHUBIN, paléontologue), car au stade embryonnaire, insectes et humains disposent de la même panoplie élémentaire de gènes. L’ADN construit, l’ARN communique et les chromosomes mitochondriaux sont transmis par la mère.
Les gènes sont immortels, nous sommes leurs taxis et « les marqueurs de la génétique tracent les migrations » (Spencer WELLS). A partir de ce postulat et comme aujourd’hui nous connaissons le génome humain, pourrions-nous retrouver un ancêtre dont l’ADN messager serait en chacun de nous, toutes races confondues ? Trouver le plus petit commun dénominateur génétique. En suivant le chemin inverse des paléoanthropologues, qui recherchent les ossements préhistoriques pour expliquer notre squelette, Spencer WELLS, paléogénéticien, prélève notre salive d’aujourd’hui pour retrouver l'Adam Africain d’hier, l’ancêtre dont nous sommes tous génétiquement issus. Il vivait il y a 60000 ans et on a tous en nous quelque chose de cet homme-là. D’autres pleuplades occupaient la planète mais seule la lignée M168 a survécu. Le chromosome Y est le meilleur document historique jamais écrit et nous sommes tous cousins africains séparés par 2000 générations et 60 mille ans.
Pour confirmer sa théorie, S. WELLS a retrouvé les tribus dont la salive a révélé le plus petit commun dénominateur génétique recherché.
Je les ai rencontré. Un Hadzabé m'a conduit dans le cratère du N'GORO N'GORO (ils vivent sur les bords du lac EYASI) et j'ai aussi croisé un descendant du peuple SAN dans le Kalahari. Chasseurs, cueilleurs, leurs ancêtres maîtrisaient le langage.
A partir de la forme des crânes de l’époque et le visage des Adzabe d’aujourd’hui, le sculpteur informaticien F.Bender a mis un visage sur notre ancêtre Africain. Chasseur, Cueilleur, il maîtrisait le langage.

Endurance, muscles posturaux et position du larynx firent la différence avec les tribus voisines et autres néendertaliens pourtant tous pourvus du même bagage héréditaire, aux muscles dynamiques plus développés, à la carrure plus forte et au cerveau plus volumineux. (1500 cm3).

Endurance et larynx plus bas firent aussi la différence avec les singes restés suspendus aux branches de la forêt. « Ne forçant ni leur talent, ni sur leurs talons » (P. PICQ). Les bonomos possèdent pourtant un génome identique au notre à 99%, mais pas de voûtes plantaires.

L’endurance a permis de poursuivre les proies.
Les muscles posturaux ont permis d’utiliser arcs et flèches plutôt que massues.
La descente du larynx a permis de transmettre le savoir et S. Wells a dénombré 120 sons dans le "click langage" des Hadzabe et des SAN, c'est à dire quatre fois plus que dans la langue de Shakespeare (120 >30).

Redressez-vous et soyez endurant.
« L’hominisation a fait fructifier un capital, soit en partant des pieds, soit en partant de la tête » dit Pascal PICQ, phylogénéticien, lui aussi à la recherche du D.A.C (dernier ancêtre commun).
Chez les mammifères les ailes de la chauve-souris, la trompe de l’éléphant, la queue et les poumons de la baleine sont des adaptations au milieu plus surprenantes et plus spectaculaires que nos pieds. Mais, la qualité de notre voûte plantaire associée à la position de notre cou va provoquer le développement du cerveau frontal.

Cumuler équilibre et endurance va permettre à homo de devenir sapiens pour écrire le plus court et le premier poème du monde :

« I’m
Ad'm".

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PAPY... ! RACONTE-MOI LA PROPRIOCEPTION L’EQUILIBRE ET L’ENDURANCE

LE PARC PROPRIOCEPTIF

Le principe de Swing Chariot

Dès qu’il bouge l’enfant installé dans Swing Chariot crée des déplacements horizontaux et verticaux simultanés totalement aléatoires et le déséquilibre est harmonieux.

Toute variation du centre de gravité exige une réponse proportionnelle en vitesse et en intensité au déséquilibre initial.

Si aucune correction n’est faite, l’enfant se trouve en situation tout à fait agréable de balancelle à condition de rester allongé.

Mais toute tentative de reptation, « quatre pattes » ou de redressement à genoux puis debout nécessite une adaptation réflexe immédiate pour centrer G. Elle sera aidée par un appui manuel au filet.

Diminuer puis supprimer cet appui est ce vers quoi il faut tendre, l’objectif à atteindre, le top proprioceptif ?

En s’amusant, l’enfant met en place son schéma corporel.